Réflexion spirituelle - Avril 2020

À la lumière de la pandémie

Pour ajouter aux directives et aux renseignements que nous ont déjà envoyés nos dirigeants vincentiens, et à l’occasion du 40e anniversaire du martyre de Saint Oscar Romero, je voudrais vous proposer une brève réflexion sur la crise de la Covid-19.

En Chine, le mot « crise » aurait deux significations possibles : « évasion » ou « occasion », et c’est à nous de déterminer laquelle des deux caractérisera notre réaction à la crise actuelle. Je sais que c’est la deuxième, car elle nous invite à tirer le meilleur parti d’une situation éprouvante.

L’écrivain spirituel Jean-Pierre de Caussade, auteur de l’Abandon à la Providence divine, nous conseille de vivre le moment présent, d’accepter les obstacles avec amour et humilité et de nous lier à Dieu au quotidien. Il affirme également que tout évènement est en quelque sorte la volonté de Dieu, qui s’exprime peut-être le mieux par la certitude que Dieu peut et veut tout faire pour améliorer le sort de ceux et celles qui l’aiment. 

Certes, Dieu « n’ordonne » pas le mal que représente une pandémie, mais que Dieu en permette l’éclosion nous permet de repérer les occasions qu’elle nous réserve, les leçons plus profondes que Dieu y voit pour nous, ainsi que la sagesse et le caractère qu’il faut y puiser.

Une première réaction serait de poursuivre dans notre bonne voie actuelle, soit de s’encourager à tout faire pour atténuer la propagation du virus pendant que nous continuions autant que possible notre travail caritatif. De même, nous pouvons continuer à en apprendre davantage sur le virus et sur les moyens de le contenir.

Cela dit, la notion de « contenir » s’applique également à nous. Le confinement et l’auto-isolement prenant sans cesse de l’ampleur, nous éprouvons tous et toutes à divers degrés le sentiment d’être retenus ou confinés. Mais c’est un phénomène qui remonte des lustres : nos ancêtres dans la foi se sont fait retenir ou confiner, dont la famille de Noé dans l’arche, les israélites comme esclaves en Égypte, leur périple de 40 ans dans le désert, les trois jours de Jésus dans le tombeau. Plus récemment, des milliers de réfugiés se voient retenir dans des camps ou le long de frontières bloquées, et nombre d’entre eux vivent l’emprise de la traite des êtres humains. Nous voici maintenant, avec tant d’autres, dans une nouvelle emprise, et le défi, c’est d’en trouver le sens, le pourquoi, surtout dans l’optique de la résurrection, que nous ne pourrons peut-être pas célébrer publiquement cette année.

Et si nous prenions ce temps de confinement pour nous offrir un sabbat, un temps de repos et de renouveau, pour nous rapprocher de Dieu, des autres, de nous-mêmes, voire de la création de Dieu tout entière? C’est peut-être une occasion de prier plus ardemment, de faire des lectures plus poussées et de réfléchir plus profondément sur le sens de la vie. D’ailleurs, de belles prières ont été diffusées pour nous, Vincentiens et Vincentiennes … prononçons-les du fond du cœur. Et enfin, voici peut-être une occasion de lire plus assidument la parole de Dieu, dont le sens peut résonner davantage ces temps-ci; prenons, par exemple, le psaume du jour qui vient inspirer mon écrit : Dieu est notre refuge et notre force, un secours que l’on rencontre toujours dans la détresse. Aussi sommes-nous sans crainte si la Terre est bouleversée, si les montagnes s’abiment au sein de l’océan… (Psaume 46)

Notre tâche, c’est de voir les bonnes choses que Dieu fait ressortir de cette crise. J’ai tout de suite remarqué, par exemple, la quasi-disparition du discours préconisant le suicide assisté par médecin (réalité adoucie par l’euphémisme « aide médicale à mourir »). Au lieu, voici la société qui met soudainement tout en oeuvre pour protéger et sauver les personnes âgées, pas mettre fin à leurs jours! Rappelons aussi la créativité dont les gens font preuve pour rester en lien avec autrui. Les pères Susai Jesu et Mark Blom de l’église Sacred Heart of the First Peoples à Edmonton, par exemple, ont comme beaucoup d’autres, mis sans tarder leur célébration de l’Eucharistie sur Facebook (la première fois en 107 ans que la congrégation n’a pu se rassembler). Pour ma part, j’ai commencé à diffuser mes homélies quotidiennes sur cette même plateforme.

Il y a beaucoup d’autres exemples : le personnel de première ligne risque leur vie pour soigner les malades; le phénomène de « l’entraidisme » (caremongering, en anglais) a vu le jour; les rassemblements éclairs sur les balcons, malgré la distance physique, tissent des liens entre voisins jadis et naguère étrangers. Donc, à nous aussi comme Vincentiens et Vincentiennes de contribuer à ce phénomène en trouvant des moyens créatifs de poursuivre en toute sécurité et dans la mesure du possible notre mission caritative. 

Je vous laisse avec les propos Ken Thorson, supérieur provincial des Oblats, dans son message à la famille vincentienne : En ces jours étranges de distanciation sociale, d’anxiété croissante et de changement rapide, la pratique de nos traditions spirituelles peut nous mener à une communion plus profonde avec Dieu et entre nous, et nous inspirer à mieux compatir avec ceux qui luttent pour faire confiance à autrui et pour trouver de l’espoir pour l’avenir.

Laissons-nous inspirer aussi par l’exemple de Saint Oscar Romero, qui a donné sa vie courageusement en militant pour la justice sociale et la paix politique en El Salvador.   

Mgr Sylvain Lavoie, archevêque émérite, O.M.I.
Conseiller spirituel national

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